Les activités

En plus de la batellerie, d’autres branches d’activités étaient exercées dans la localité : tuilerie, blanchissage, tissage, etc…

La tuilerie produisait des briques et des tuiles, l’argile nécessaire étant extraite de différentes parcelles de terrain dont, entre autre, le « Leimenloch » (désignation encore actuelle).

Le moulin à huile traitait surtout le colza, le pavot et les noix.

La scierie transformait en planches et en poutres les grumes de la forêt communale et des sapins des Vosges. Ces sciages étaient ensuite expédiés sur l’Ill.

Le tissage du lin était également très significatif et le chanvre était cultivé en proportion importante. Pour sa transformation, il était d’abord mis à tremper dans l’eau du « Hanfloch » (encore actuel), puis écrasé au moyen d’une meule (Bloyelstein) actionné par l’eau jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les seules fibres. Après peignage, les fibres étaient filées puis tissées (une centaine de personnes exerçaient le métier de tisserand à domicile). Ensuite, la toile de lin était traitée dans les « Bleichhütten » au moyen de cendres et d’eau pour les blanchir.

De partout, de la toile de lin arrivait au village aux fins de blanchissage, ce qui permet d’affirmer qu’Ebersmunster était le plus important centre de blanchissage du lin en Alsace. Le site était parfaitement adapté à cette activité en raison des nombreux cours d’eau fournissant l’eau nécessaire et de vastes prairies autour du village permettant d’étendre les toiles. Pour éviter des vols de toiles, chaque « Bleichplatz » était gardé la nuit par deux hommes et un chien (Bleichhund).

Les sept blanchisseurs de la localité exercèrent leur métier jusque vers 1880. Vers la fin du XIXème siècle, cette activité florissante cessa définitivement, non sans laisser en témoignage quelques belles draperies soigneusement conservées dans certaines familles.